QUELQUES EDIFICES

Cité au passé industriel, la ville d'Arques ne dispose pas d'un patrimoine architectural très riche. Cependant, quelques édifices originaux méritent réellement le coup d'oeil, comme le château de la rue Danvers, l'hôtel de ville, le grand vannage et bien sûr l'ascenseur à bateaux des Fontinettes, site unique en France...



L'hôtel de ville

L’importance accordée aux verticales, les pignons à pas de moineau (en escalier), les lucarnes étagées, la surcharge décorative sont des références flamandes évidentes. D’ailleurs, l’architecte Monsieur Libersalle, qualifie de « beffroi » l’avant corps central de la façade. L’édifice emprunte aussi beaucoup au style Louis XIII : mariage de la brique et de la pierre, chaînes d’angles harpées, utilisation de pots à feu pour ponctuer les axes verticaux…

De l’hôtel de ville vous parviendront les accords mélodieux d’une douce musique, produite par le carillon. Celui-ci comprend 14 cloches fondues en Hollande et est capable de jouer 25 airs célèbres …Chaque refrain est prétexte à une sortie toujours très remarquée de Marie Grouette, la sorcière du marais. Selon la légende, Marie Grouette hante les plans d’eau de la région et attrape les enfants qui s’approchent trop près du bord avec son groët (fourche à 4 ou 5 dents), pour les emmener dans sa grotte faite de vase et de roseaux… Sortie chaque heure de 8 à 20 heures, tous les jours.


Le château rue Danvers

L’origine du château  est assez floue. Il semble toutefois que sa construction date soit de l’époque romaine, soit du 6/ 7ème siècle. Maintes fois détruit et reconstruit, il est aujourd’hui difficile d’en dégager un style. On peut tout de même discerner deux aspects fondamentaux :
-  la fonction défensive (plus ancienne) marquée par l’imposante tour principale (1664), les créneaux et les meurtrières .
-  la fonction esthétique (plus récente) : tours octogonales, cordons en relief, rambardes décorées, grandes fenêtres, arcatures aveugles…

Le château a été le siège de nombreux pillages : vikings au 9ème siècle, anglo-flamands en 1340, français en 1597…

L'église

A quelques pas du château se dresse l’église Saint-Martin, édifiée par le comte Walbert en 646 sur les conseils de l’abbé Saint-Bertin.

Il s’agit d’une église de type néo-gothique avec 3 nefs parallèles. Les matériaux employés sont la pierre mais aussi la brique, notamment pour les chapelles et pignons de nefs. L’intérêt principal de cet édifice demeure le clocher, datant de 1776 et abritant une ancienne cloche de 1664 (refondue en 1774).
Notons que l'édifice a été entièrement rénové entre 2007 et 2010.

A ne pas manquer :
- les fonts baptismaux ( à l’intérieur) datant du 12ème siècle et portant de très rares inscriptions lapidaires flamandes
- le superbe buffet d’orgue datant de 1856 et comprenant un orgue, une tribune et une balustrade de style néo-gothique (à l’intérieur)
- la colonne érigée en 1830 à la mémoire de François-Joseph Bugat, capitaine lieutenant de la garde napoléonienne. Sur le monument sont mentionnées les différentes batailles auxquelles il a participé dont Austerlitz et Wagram (dans le cimetière).


L'ascenseur à bateaux

Site unique en France, l’Ascenseur à bateaux des Fontinettes est le témoin du machinisme triomphant du 19ème siècle.

Les techniques employées pour sa construction étaient exceptionnelles pour l’époque : fondations à l’air comprimé, gel des sols, éclairage électrique permanent…

Par contre, le principe de fonctionnement est à la fois simple et génial. L’édifice comprenant deux bacs (un en haut, l’autre en bas), il suffisait d’ajouter 30 cm d’eau dans le bac supérieur pour inverser l’équilibre et permettre à deux péniches de franchir les 13,13 mètres de dénivellation : pendant que l’une montait, l’autre descendait. En plus d’être simple, ce système avait l’avantage d’être économique et rapide (une vingtaine de minutes suffisait pour l’opération).

Après 80 ans de bons et loyaux services, l’Ascenseur, devenu inadapté, cessa de fonctionner en 1967. Il a été remplacé par une écluse à grand gabarit, plus en amont. Aujourd’hui, la maison du tourisme  permet aux passionnés de découvrir ce merveilleux outil.


Le Grand Vannage

Le Grand Vannage a su  remporter la bataille du temps pour continuer sa mission de protection de la commune. Il régule les eaux de l’Aa (Basse-Meldyck) depuis la fin du 18ème siècle pour éviter toute inondation. Le petit vannage, situé juste à côté, contrôle les eaux jusqu’au marais. On le ferme l’été pour faire monter l’eau et abreuver terres et animaux.

Le Grand Vannage abrite actuellement le Parc naturel des caps et Marais d’Opale.

Vous remarquerez également devant  cet édifice que le canal de Neuffossé au gabarit de 350 tonnes passe au-dessus du cours de l’Aa. La rivière s’écoule ainsi en siphon sous le canal.

Le château Lutun

La Municipalité a fait l’acquisition en novembre 2008 d’une maison de maître connue sous le nom de château Lutun. Situé rue Colmar dans un domaine de 1,2 ha, l’édifice a été construit en 1874 et dispose d’une surface de près de 500 m². Mise en vente par ses propriétaires, la superbe bâtisse de 135 ans aurait eu du mal à trouver preneur et risquait donc, à terme, de fortement se dégrader, voire de disparaître. Souhaitant conserver l’un des fleurons du patrimoine arquois, la ville d’Arques a donc saisi cette belle opportunité en se portant acquéreuse de ce bâtiment qui présente de multiples avantages. Le premier est bien sûr de pouvoir abriter de nouveaux services, l’hôtel de ville étant archi comble. Mais cela n’est pas tout puisqu’il pourra aussi accueillir des réceptions, des colloques. Enfin, le site sera intégré à un projet de liaison douce (chemins pédestres et cyclistes) reliant le quartier de la Basse-Meldyck au centre -ville, via le jardin public.